Managing through Technology
AACSB AMBA
  • 21.
  • 02.
  • 2017

LASCO

Laboratoire  « Sens et COmpréhension du monde contemporain » 

Fondé au printemps 2013, le LASCO - Monde Contemporain est un laboratoire d'idées créé dans le cadre d'une collaboration entre des enseignants-chercheurs de l'Université Paris Descartes et des écoles de l'Institut Mines-Télécom. Ce laboratoire rassemble des enseignants-chercheurs titulaires (professeurs et maîtres de conférences), des chercheurs associés (essentiellement des professeurs étrangers), des jeunes docteurs, issus de diverses disciplines des sciences humaines et sociales (dont principalement la sociologie, la philosophie des technologies, l'éthique, la sémiologie, la linguistique, les sciences de l'éducation, les sciences de gestion, les sciences politiques et l'anthropologie) sur la base d'un programme commun. 

La mission scientifique principale du LASCO - Monde Contemporain consiste à analyser les conditions d'émergence du sens à l'heure où les subjectivités, les rapports interpersonnels, les organisations et les espaces politiques sont l'enjeu de mutations importantes, en particulier avec l'expansion des technologies numériques ainsi qu'avec la mondialisation de certains modèles économiques. 

En prenant appui sur un tel état de fait, il s'agit d'une part de comprendre les éventuelles sources de contradictions éthiques, voire de crise de sens, qui se propagent dans le monde contemporain. Il sera, d'autre part, question d'identifier les nouvelles conditions de réactivation du sens qui s'illustrent par de nouvelles pratiques sociales, politiques, esthétiques, technologiques et éducatives. 
Enfin, nous projetons de nous pencher sur les différentes visions du monde et les imaginaires sociaux qui sous-tendent ces pratiques.

  • Quelles formes de partage des subjectivités et des sensibilités se jouent au travers de la redéfinition des espaces politiques? 
  • Quelles représentations individuelles et collectives sont à l'œuvre ? 
  • Quel questionnement éthico-politique pouvons-nous entreprendre? 

Programme 2015/2016

Les principaux axes de recherche

L’effort de compréhension et d’explication de la forme contemporaine des objets indiqués ci-dessus s’illustre par la définition de quatre axes thématiques. Ces derniers sont conçus comme des groupes de travail, de réflexion et d’analyse afin de permettre au laboratoire une synthèse générale, l’élaboration de nouveaux projets, de publications et de manifestations publiques.

Axe 1 : Ethique, herméneutique et médiations technologiques 

Si les machines informationnelles reconfigurent sous certains aspects la communication interpersonnelle, l’apparente fluidification des rapports n’est pas sans impliquer certains risques éthiques. Ceux-ci ne sont pas toutefois aisément repérables, ils nécessitent d’être évalués selon les contextes socio-économiques et culturels dans lesquels les médiations technologiques sont inscrites : on ne rencontre jamais la technique toute seule, mais toujours des « techno-logies ». Ce qui nous renvoie au logos et aux principes qui l’accompagnent, c’est-à-dire à la rationalité, mais aussi aux discours qui la portent et qui lui donnent une expression symbolique.

Une telle dimension herméneutique permet, sur un autre plan, d’insister sur le jeu des appropriations qui est censé accompagner toute médiation technologique. L’uniformisation des moyens technologiques n’entraîne pas, comme dans une relation de cause à effet, une uniformisation des usages puisque la relation aux technologies est en principe orientée par des héritages et des marques singulières (ce que certaines pratiques du design révèlent bien aujourd’hui). La diversification de la réception des médiations technologiques n’est cependant possible qu’à travers le maintien de la diversité des cultures qui les portent.

Responsable : Pierre-Antoine Chardel

 

Axe 2 : Corps et santé 

Le corps est l’objet dans le laboratoire d’une réflexion transdisciplinaire incluant des questions normatives et éthiques (statuts de la santé, de la performance, de la vie et de la mort), de philosophie de la technique (information, cognition, hybridation,  socialisation) ainsi que relatives à l’histoire des processus de subjectivation et d’objectivation (le corps comme enjeu de réification dans le contexte du développement des technologies biométriques). Il est aussi le lieu des symboliques individuelles et collectives qui aiguillonnent la réflexion éducative, (bio-)politique, anthropologique et psychanalytique.

 Responsable : Isabelle Queval

Axe 3 : Espaces publics et mass médias

La notion d’espace public est au cœur de l’organisation démocratique et de la place qu’y occupent les champs politiques et sociaux, elle définit l’espace intermédiaire entre la société civile et l’Etat en tant que structure organisatrice de la participation comme du contrôle de ce même espace public ; Etat qui lui-même subit de profondes transformations techno-organisationnelles comme normatives qu’il conviendra d’analyser car on ne saurait parler d’un tel espace aujourd’hui sans évoquer la complexité de la réalité technologique qui le définit et le transforme.

Les nouveaux médias permettent simultanément de créer un espace beaucoup plus large qu’autrefois. Sociologiquement, on constate que l’utilisation des nouveaux médias, en particulier à l’ère numérique, transforme les modalités de l’action collective, favorisant des formes plus spontanées et directes de participation et d’engagement comme de nouvelles formes de coercition et de contrôle devenues des enjeux stratégiques, politiques et sécuritaires.

De telles formes contribuent-elles cependant à une véritable reconnaissance des voix qui s’expriment par les nouveaux médias ?

La mise en réseau de l’espace public permet-elle d’affirmer des formes significatives de socialité, voire la création de « contre-espaces publics » ?

Que deviennent enfin la publicité et l’expression publique à l’heure où l’organisation d’espaces hyper-sécurisés accentue les effets de clivage au sein des territoires, à plus forte raison lorsque des logiques d’exceptionnalité tendent à redéfinir les contours de nos espaces politiques ?

Responsable : Jan Spurk

Axe 4 : Signes, Subjectivités, Représentations 

Les signes portés par une langue ou un langage non verbal (gestuel, iconique, visuel, proxémique, etc.) constituent la surface de manifestation et d'inscription du sens collectif par l'entremise des culturèmes et idéologèmes. Ceux-ci forment la genèse d'un imaginaire socio-culturel, dont chaque sujet peut se déprendre s'il décide de ne pas en être dupe et de produire du conflit et des processus de crises dont il conviendra d’en déterminer les composantes tant sociales qu’économiques. Les théories et méthodes d'investigation en appellent aux sciences du langage, mais plus largement aux sciences sociales et humaines, engageant une réflexivité interdisciplinaire qui contribue à cerner les contours d'une archéologie de l'ordinaire dans des sociétés contemporaines où les discours, les images et les écrans qui les portent, sont l’enjeu de représentations qui nous engagent à redéfinir les bases d’une activité herméneutique élargie à toutes les sphères de nos existences individuelles et collectives.  Une écologie informationnelle est à ce niveau en jeu.

Responsable : Valérie Brunetière

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