Managing through Technology
AACSB AMBA
  • 28.
  • 09.
  • 2016

Google dans la gouvernance de Télécom Ecole de Management

Michel Benard University Relations Manager chez Google

Michel Bénard, University Relations Manager chez Google

 

Michel Bénard, en quoi consiste votre mission pour Google ?

Mon travail consiste à établir des relations privilégiées entre Google et les universités européennes. Nous développons les partenariats selon trois approches :

La première, c’est la recherche dans les domaines des computer sciences, du business, mais aussi des humanities : sociologie, droit, etc.
La deuxième approche porte sur le recrutement : nous informons les jeunes potentiels sur les jobs que nous proposons, et leur donnons des conseils pour mieux aborder leurs éventuels entretiens d’embauche chez Google.
Enfin, d’une façon générale, nos partenariats avec les universités relèvent d’une volonté de s’impliquer dans les activités éducatives, culturelles scientifiques des pays où notre présence industrielle est forte.

Chez Google, nous sommes deux University Relations Managers en charge de la zone Europe. Je m’occupe plus particulièrement de la France, l’Allemagne et Suisse. Mon collègue se concentre principalement sur le Royaume-Uni, la Scandinavie et l’Italie. Notre activité est encore jeune, et le potentiel de développement est important.

 

Pourquoi Google a choisi d'entrer dans les instances de gouvernance de Télécom Ecole de Management ?

Notre partenariat avec Télécom Ecole de Management répond aux trois approches que j’ai citées à l’instant. Il s’inscrit dans le prolongement de notre implication dans la Fondation Télécom, dont nous sommes devenus partenaire fondateur en décembre 2011.

Télécom Ecole de Management nous intéresse pour ses expertises en business et humanities appliquées aux technologies numériques. Avec cette école, nous pourrons étudier les nouveaux business models du numérique, comme l’Internet dans les objets, ou les réseaux sociaux et leur monétisation. Les nouveaux usages et les évolutions juridiques engendrés par l’innovation numérique nous intéressent également. La création de nouveaux objets et services numériques s’accompagne souvent de nouveaux problèmes juridiques.

 

Ces derniers temps, Google a concrétisé de nombreuses implantations en France. Pourquoi cette stratégie ? Est-elle la même dans les autres pays ?

Historiquement, Google s’est d’abord implanté en Suisse et au Royaume-Uni, à Londres et Dublin. Aujourd’hui, nous développons notre implantation en France : nous avons ouvert des bureaux à Paris qui accueillent environ 400 personnes. Nous nous sommes rapprochés des écoles des Télécoms et avons signé une chaire de recherche avec HEC. Nous adoptons la même stratégie dans plusieurs pays européens, là où notre présence industrielle est forte. Par exemple, nous avons récemment ouvert un institut d’études juridiques à Berlin, un incubateur de startups à Londres, un centre d’engineering en Pologne, etc. 

De façon globale, nous nous appuyons sur les spécificités de chaque continent. En Europe, nous suivons une stratégie basée sur la recherche et l’innovation en profitant du taux d’équipement technologique élevé et du tissu industriel dense. En Afrique ou en Inde, nous nous sommes centrés sur le développement de services mobiles, notamment le e-commerce sur smartphones.

 

Selon vous, quels challenges devront relever les établissements du supérieur au niveau mondial dans les 10 ans à venir ?

Le premier challenge, c’est le développement du e-learning. Ce mode d’enseignement est en train de décoller et il va se généraliser. Le e-learning ne résout pas tout et n’a pas vocation à remplacer les cours traditionnels, mais il ouvre de nouveaux horizons pour la diffusion et le partage des connaissances au niveau mondial. Ainsi, Sebastian Thrun, professeur d’Intelligence Artificielle à Standford, a vu son cours passer d’une audience de 100 étudiants à plus de 40 000 étudiants en mettant son cours en ligne sur le web. Aujourd’hui, on peut faire du bon e-learning sans passer par de lourds investissements dans des solutions sophistiquées. Les meilleures solutions sont souvent les plus simples. Avec des modèles différents, des sites tels que Khan Academy, Coursera ou Udacity.com diffusent des cours en accès libre suivis par des millions de personnes. Le e-learning répond aussi très bien aux besoins en matière de formation tout au long de la vie. 

Le deuxième challenge, c’est la capacité des établissements à relever le défi d’une concurrence accrue et mondiale sur le marché de la higher education. Cette évolution est notamment due aux rankings, produits notamment par l’Université de Shanghai ou certains médias anglo-saxons. Les meilleurs établissements doivent développer leur visibilité au niveau international afin de pouvoir attirer les étudiants, professeurs et partenaires du monde entier.

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune diplômé qui souhaite intégrer Google ?

Google véhicule une bonne image auprès des jeunes et beaucoup rêvent de travailler chez nous. Nous recevons énormément de CV. Pour être recruté, il faut postuler en ligne sur le site de l’entreprise. Quand on postule pour travailler chez Google, il faut aussi savoir que les candidats viennent du monde entier et se préparer en conséquence. Un diplômé de Télécom Ecole de Management se retrouvera en face d’un diplômé de Cambridge ou du Politecnico di Milano. Les recruteurs de Google sont également de toutes nationalités. Le candidat doit donc absolument adopter un profil international. Si votre CV est retenu, la première étape essentielle est le premier entretien téléphonique qui se déroule en anglais. C’est là qu’il faut marquer des points pour aller plus loin.

Contrairement à ce qu’on voit parfois en France, Google ne tient pas une hiérarchie figée pour classer les établissements. Un étudiant de Télécom Ecole de Management part sur la même ligne qu’un étudiant de l’ENSIMAG, de Polytechnique, de Normale Sup ou de l’UPMC. Nous accordons cependant une importance aux accréditations internationales des établissements, et nous étudions avec précision la qualité du Master ou du PhD obtenu par le candidat.  La lettre de motivation n’est pas capitale. C’est le CV qui nous intéresse, et il doit insister sur les achievements : les projets professionnels et personnels que le candidat a mené, et l’expérience qu’il en a retiré.

En termes de compétences, nous recherchons des profils ingénieurs qui soient bons en théorie et en programmation. Quand aux profils business, on s’intéressera à leur capacité d’analyser les problèmes, leur démarche de réflexion et leurs connaissances en matière de business models.

 

Propos recueillis par Tristan Horreaux, Télécom Ecole de Management